Névrome de Morton

C'est le gonflement d'un nerf situé entre 3ème et 4ème métatarsiens (parfois entre 2 et 3ème), en réaction à une compression. névrome de Morton

Le nerf (en jaune) est pincé dans un espace naturellement étroit, encore rétréci par le gonflement des articulations voisines si elles sont surmenées.

Quand le syndrome est typique, les douleurs siègent à l'avant du pied, entre 3 et 4ème orteils, elles augmentent quand on resserre le pied (chaussure étroite) et obligent à se déchausser.

Les crises douloureuses, souvent très aigües, s'accompagnent d'un manque de sensibilité sur les côtés des orteils correspondants (en mauve).IRM du névrome

Les signes peuvent être moins typiques. Le diagnostic est basé sur l'examen. L'IRM peut apporter des renseignements dans les cas douteux (le névrome est entouré en rouge sur cette photo), mais l'imagerie n'est pas fiable à 100%

D'autres pathologies (métatarsalgies) peuvent donner des signes voisins.

Une infiltration peut soulager temporairement les douleurs, mais avec un risque de déstabiliser les articulations voisines, les semelles peuvent apporter une amélioration.

Si les douleurs persistent, l'opération est conseillée. Elle consiste à enlever le névrome, ce qui entraine une disparition de la sensibilité dans la petite zone correspondante (en mauve), causant une gêne minime.

Les techniques consistant à seulement libérer le nerf soulagent parfois incomplètement.

Cette chirurgie se fait en ambulatoire (on sort le soir), la cicatrice est peu visible (entre les orteils). Il faut prévoir un arrêt de travail entre 2 et 4 semaines selon l'activité.

INFORMATION PRÉOPÉRATOIRE : TRAITEMENT CHIRURGICAL D’UN NEVROME DE MORTON

DE QUOI S’AGIT-IL ?


L’opération consiste à enlever le gonflement du nerf interdigital (névrome) responsable de vos douleurs, ce qui oblige à enlever le nerf lui-même. D’autres opérations, de libération du nerf, existent, mais leur résultat est inconstant sur les douleurs.
Nous avons mis ensemble en balance les bénéfices et les risques de cette opération, après avoir envisagé les autres traitements possibles. Malgré cela, il peut arriver qu’en cours d’intervention, une autre solution chirurgicale m’apparaisse meilleure pour vous.

DÉROULEMENT DE L’OPÉRATION


Avant l’intervention, vous aurez peut être fait un bilan échographique, ou IRM. Pensez à amener ces examens
L’anesthésie est le plus souvent locorégionale (jambe et pied), parfois générale. Si vous ne voulez « rien voir, rien entendre », l’anesthésiste peut vous faire somnoler. Vous devez avoir vu le médecin anesthésiste au plus tard 10 jours avant l’intervention.
L’incision est faite dans la commissure entre deux orteils, là où siège le névrome. En isolant le nerf de l’orteil et en le suivant, je vais trouver le névrome, et couper le nerf aussi haut que possible. J’enverrai le névrome en analyse histologique. Il y a en général 3 points de suture, résorbables.

L’opération dure 10 à 20 minutes. Vous sortez de la clinique le soir même ou le lendemain de l’opération.
Le lever est possible après passage du kiné, et l’appui sur le membre est autorisé dès que l’anesthésie s’est levée (36 h en général).
 Il faut faire très attention à ne pas poser le pied tant qu’il n’est pas réveillé, car  vous ne le contrôlez pas et vous risquez une entorse de cheville. Il vous faut donc des cannes.

Pendant 2 à 3 semaines, vous marcherez avec une chaussure post opératoire prescrite en consultation, et que vous devrez vous procurer. Vous aurez un traitement contre la douleur, associant anti inflammatoires, et antalgiques de différents types. A la maison, vous pourrez marcher un peu, vaquer à vos occupations, mais vous devrez vous reposer.
Vous ferez refaire le pansement par une infirmière tous les deux ou trois jours. Il est important de ne pas mouiller le pansement.

Je vous revois au 15ème jour pour une visite de contrôle. Vous pourrez changer de chaussures et reprendre la voiture.

Je vous revois au besoin à la 5ème semaine.
L’arrêt de travail est en moyenne de 3 semaines.
La marche devient plus confortable après 2 semaines, délai auquel on peut faire du vélo d’appartement. Pour les sports exigeants (course..) et pour les chaussures de ville il faut  souvent attendre 2 à 3 mois.

COMPLICATIONS


Les plus fréquentes sont : l’hématome, qui peut nécessiter une reprise chirurgicale pour évacuation, et les difficultés de cicatrisation, surtout si votre peau est fragile, si vous êtes fumeur ou si votre état vasculaire est moyen.
La phlébite est exceptionnelle dans cette pathologie . Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines, qui peut bouger et entrainer une embolie pulmonaire qui peut être mortelle.
Plus rarement : l’algodystrophie («syndrome douloureux régional complexe» est le terme officiel) est un phénomène encore mal compris. Pour simplifier, c’est une panne de la régulation des petits vaisseaux, entrainant douleur, rougeur locale (pied violacé le soir), déminéralisation à la radio. Elle guérit toujours, mais dans un délai imprévisible (en moyenne 6 mois). Dans les formes sévères, un traitement spécifique en milieu spécialisé peut être indiqué.
L’infection est rare, mais grave. Elle ne doit surtout pas conduire à la prise d’antibiotiques avant que le germe ait été identifié. Un nettoyage chirurgical avec prélèvements peut être nécessaire, suivi d’un traitement antibiotique adapté. Bien et vite traitée, elle peut guérir sans séquelle. Le tabac triple le risque de problème de cicatrisation et d’infection.
Cette liste n’est pas exhaustive. Une complication exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

EFFETS SECONDAIRES


Le confort de marche est obtenu progressivement. Cela peut nécessiter un chaussage adapté.
La gêne liée à la disparition de la sensibilité dans les orteils voisins est très variable, du fait que l’innervation est elle-même très variable. Elle reste modérée et diminue avec le temps.
Jusqu’à 6 semaines, parfois plus, on peut sentir quelques douleurs cicatricielles à la base des orteils, à la partie inférieure. C’est normal et cela disparaît progressivement.

RÉSULTATS ATTENDUS


Le résultat est obtenu en un à deux mois, et peut mettre jusqu’à trois mois à se stabiliser. Le bénéfice attendu est un chaussage confortable et indolore, sans limitation de la marche ou des activités sportives.

EN RÉSUMÉ


La résection d’un névrome de Morton est une opération fréquente, qui permet de soulager les douleurs et d’obtenir un chaussage et des activités indolores.


QUELQUES QUESTIONS à vous poser ou à me poser avant de vous décider.


Pourquoi me conseillez-vous cette opération ?
Existe-t-il d’autres solutions chirurgicales dans mon cas, et pourquoi ne les conseillez-vous pas ?
Si je ne me fais pas opérer, mon état va-t-il s’aggraver ?
Comment se passe l’opération ? En faites-vous souvent ? Aurai-je mal ? Combien de temps dure l’opération ? et l’hospitalisation ?
Quels sont les risques et les complications liés à cette chirurgie ?
Quels sont les bénéfices pour moi à être opéré, et quel résultat final puis-je espérer ?
Après combien de temps pourrai-je reprendre mon travail ? le sport ?
Me recommandez-vous un deuxième avis ?

Mise à jour 20 03 2020

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