Hallux rigidus

Le gros orteil (hallux) hallux rigidusest enraidi (rigidus) par l'arthrose. C'est une maladie différente du hallux valgus, mais on peut avoir les deux en même temps.radio pré-opératoire

A la radio, l'espace entre les deux os est aminci (comparez le gros orteil et son voisin).

On a longtemps dit que l'arthrose était une "maladie des vieux", liée à l'usure. C'est loin d'être toujours vrai. On voit très souvent de telles arthroses chez des patients de 40 ans, ou moins. Il n'y a pas nécessairement d'arthrose d'autres articulations.

radio opératoireQuand le traitement médical (anti-inflammatoires, repos, semelles...) n'est plus assez efficace, quand le gros orteil est très raide et gêne pour marcher, quand on ne peut plus s'accroupir, on pense à l'opération. C'est le cas de ce plombier à la retraite de 61 ans.

Le blocage de l'articulation (arthrodèse) est une bonne opération quand l'arthrose est très évoluée. Mais tant que c'est possible, mieux vaut garder une mobilité par une opération conservatrice. Les prothèses de cette articulation ont été abandonnées.

Après avoir enlevé les ostéophytes ("becs de perroquet"), on détend l'articulation en retirant une rondelle osseuse au niveau du métacarpien et de la phalange. La fixation est assurée par une broche résorbable ou une vis. Sur cette radio opératoire, une légère traction sur le gros orteil recrée un espace : l'articulation est détendue.flexion post opératoire

extension post opératoireLa consolidation s'observe dès la 5ème semaine, mais il faut souvent attendre 3 mois ou plus pour qu'elle soit complète. Le résultat est bon sur les douleurs, moins parfait sur la mobilité; mais c'est mieux qu'avant l'opération et surtout mieux qu'avec une arthrodèse.hallux rigidus évolué

Le résultat est meilleur quand l'arthrose n'est pas trop évoluée. Mais même à un stade avancé, l'opération peut être intéressante. flexion post opératoireextension post opératoireSur cette radio post-opératoire, on a l'impression que les os sont soudés.

La mobilité est pourtant non négligeable.

Les douleurs chez cette patiente de 55 ans ont été très améliorées.

Des renseignements techniques peuvent être trouvés dans l'article du Pr G. CURVALE, dans "Pathologie du pied et de la cheville", section 2.1,Th. Leemrijse et B. Valtin, Elsevier Masson Paris 2009

INFORMATION PRÉOPÉRATOIRE : HALLUX RIGIDUS

PRINCIPES DE L’OPÉRATION

Le hallux rigidus est une arthrose de l’articulation métatarso phalangienne à la base du gros orteil (hallux). Sa cause n’est pas toujours retrouvée, il peut s’agir d’un traumatisme unique ou répété comme des chocs sur le bout du pied.
Le vieillissement n’est pas seul en cause, car cette arthrose peut toucher des patients de 35 ans.
C’est une pathologie totalement différente du hallux valgus (oignon), même si les deux peuvent être associés.

Le cartilage qui recouvre l’articulation est abimé. Les terminaisons nerveuses situées dans l’os sous le cartilage sont irritées par le mouvement, il est donc douloureux. Progressivement s’installe une raideur, surtout en flexion dorsale (relever l’orteil). La marche rapide, la course, se font en compensant au niveau du pied, qui tourne en dehors. Cela peut entrainer des douleurs du genou, de la hanche, du dos.
L’articulation malade produit des ostéophytes (becs osseux) au dos de l’orteil, qui rendent le chaussage difficile et douloureux.
L’évolution se fait souvent par crises, parfois saisonnières. Un seul pied peut être atteint, ou les deux.
La partie latérale de l’avant pied peut devenir douloureuse, par surmenage des orteils latéraux.
Sans traitement, l’aggravation est constante mais à un rythme variable.

Les traitements non chirurgicaux sont limités.
Les semelles orthopédiques peuvent soulager en partie les douleurs sous l’avant pied, mais n’agissent pas sur le gros orteil.
Les anti inflammatoires calment efficacement, mais temporairement, les douleurs.
Une chaussure à semelle épaisse et peu flexible peut améliorer le confort.

Le traitement chirurgical vise à décomprimer cette articulation trop serrée et douloureuse.
Le blocage de l’articulation (arthrodèse) peut être une autre solution quand l’arthrose est trop évoluée.
Pour l’instant les prothèses de cette articulation ont donné des résultats décevants.
Dans votre cas, nous avons estimé qu’il valait mieux essayer de conserver l’articulation plutôt que la bloquer..

Les ostéophytes (bosse dorsale) vont être enlevés, le premier métatarsien va être sectionné en chevron, et raccourci de 2 mm en enlevant une petite épaisseur d’os.
La fixation se fait par broche ou vis, qu’il n’y a pas besoin d’enlever habituellement. Le même geste est fait sur la phalange.
L’incision sur l’intérieur du gros orteil fait 3 à 4 cm de long (chirurgie mini invasive). La cicatrice est habituellement très discrète, souvent invisible après un an.

Si l’avant pied est touché, il faut le rééquilibrer par des ostéotomies des métatarsiens 2,3,4 car ils fonctionnent ensemble. Par des petites incisions (chirurgie percutanée), l’os est coupé obliquement pour que la tête de l’os puisse reculer et ainsi détendre l’articulation douloureuse. Il n’y a pas de fixation.
Il est habituellement nécessaire d’harmoniser le jeu des tendons par des petites incisions permettant de les allonger.
Nous avons mis ensemble en balance les bénéfices et les risques de cette opération, après avoir envisagé les autres traitements possibles. Malgré cela, il peut arriver qu’en cours d’intervention, une autre solution chirurgicale m’apparaisse mieux adaptée à votre cas particulier.


PRÉPARATION À L’INTERVENTION.

S’il s‘est écoulé moins de 6 mois entre la dernière consultation et l’opération, il n’est pas indispensable de se revoir avant l’opération, sauf si certains points ne vous paraissent pas clairs.
Si le délai dépasse 6 mois, il vaut mieux se revoir. Votre pied peut avoir évolué, il ne faut pas le découvrir sur la table d’opération.
Vous prendrez rendez vous avec l’anesthésiste, au moins 10 jours avant l’opération, et même plus tôt si vous avez des problèmes de santé ou certains traitements (anticoagulant, Plavix, Kardegic…)

Le médecin anesthésiste vous expliquera les techniques possibles pour endormir votre pied. Le plus souvent, il s’agira d’un bloc sciatique. Par une injection derrière le genou, il entourera le nerf de produit anesthésique. L’effet durera 24 h, au moins.
Si vous vous sentez anxieux(se), il fera le nécessaire pour vous décontracter et vous « déconnecter », soit par injection d’un sédatif, soit par hypnose.
Cette dernière technique, très intéressante, est actuellement en développement et n’est pas toujours disponible.

Il faut vous organiser avant l’opération.
Si elle se fait en ambulatoire, vous recevrez auparavant par mail (sinon par courrier) les ordonnances de sortie, de façon à disposer du traitement dès votre retour.
Encore faut-il ouvrir votre boite mail !
La marche avec des cannes anglaises ne s’improvise pas. Tant que le pied sera endormi, vous ne devrez pas appuyer dessus. Vous ne pouvez pas découvrir le béquillage le soir de l’opération, il faut absolument s’entrainer les jours précédents.
Si vous n’y arrivez pas bien, ou si vous avez mal aux poignets, ou si vous perdez l’équilibre, il vaut mieux prévoir pour 48h un déambulateur.
Vous devrez porter à votre sortie une chaussure post opératoire, à vous procurer auparavant en pharmacie.

La veille de l’opération, vous prendrez votre douche avec le produit antiseptique prescrit.

Des radios sont nécessaires pour vous opérer. S’il y a eu un oubli, demandez au secrétariat (mail ou téléphone) l’ordonnance pour les faire près de chez vous.
Et pensez à les amener !

 

LE JOUR DE L’OPÉRATION

L’horaire d’entrée vous sera communiqué par téléphone par le service des admissions. Il varie en fonction du programme opératoire. Il tient compte d’un délai de sécurité.
Il faut en effet faire votre admission, votre entrée dans le service, être préparée, amenée au bloc, anesthésiée, avant que l’opération puisse se faire.
L’horaire d’entrée au bloc est indicatif, il ne correspond pas à l’horaire de l’opération elle-même.

L’opération dure 20 à 40 minutes.
La peau est suturée avec des fils résorbables en 6 semaines (pas besoin de les faire enlever).
Elle se termine par un pansement spécial, que je fais moi-même, enveloppant les orteils en les maintenant.
Il faut éviter de toucher à ce pansement. Nous le referons ensemble soit à la première visite 15 jours après, soit après l’opération du deuxième pied.

Votre sortie se fera le soir même ou lendemain, selon ce que nous avons convenu en consultation. Si votre sortie le soir pose un problème quelconque, nous vous garderons à la clinique pour la nuit.
La chirurgie ambulatoire impose que vous ne soyez pas seule à votre domicile lors de la sortie, et que vous habitiez à moins de 50 km d’une structure hospitalière.

Avant la sortie, vous verrez le kiné qui vous expliquera les suites.
Je passerai également vous voir pour autoriser votre sortie et vous rappeler les consignes d’appui et de traitement.

Un fauteuil roulant pourra être mis à votre disposition pour que la personne qui vous accompagne puisse vous amener à la voiture.

L’autre pied pourra être opéré 8 ou 15 jours après. Je déconseille l’opération des deux pieds le même jour, car la gestion de la douleur et de l’appui est beaucoup plus compliquée.

 

CONSIGNES ET SUITES POST OPÉRATOIRES PRÉCOCES

L’appui sur le pied opéré n’est autorisé qu’après que l’anesthésie soit levée. En effet, vous ne contrôlez pas le pied endormi. En le posant au sol, vous risquez de vous faire une entorse ou même une fracture.
Quand le pied est réveillé (24 h en moyenne), vous pouvez appuyer normalement le pied, bien à plat, dans la chaussure post opératoire. Les cannes ne sont alors plus nécessaires.
Au début, vous ferez de courtes périodes de marche, tranquillement. Dès que vous vous sentirez fatiguée, reposez vous en surélevant vos pieds.
Il est utile d’appliquer de la glace, qui a un effet anti inflammatoire et diminue la douleur (ralentissement de la conduction nerveuse). Evitez les glaçons, ils risquent de mouiller le pansement.

Le traitement antalgique doit être pris à heures régulières en précédant la douleur.
Commencez dès votre retour à domicile.
Associez un des antalgiques (Lamaline® ou Topalgic® ou leurs génériques) et l’anti inflammatoire (Profenid®) avec sa protection gastrique.
Ces deux types de médicaments sont synergiques et se renforcent mutuellement.
Il peut arriver, et on ne peut pas toujours le prévoir, que vous supportiez mal tel ou tel traitement. Vous pouvez avoir des douleurs gastriques ou une diarrhée (Profenid), ou des vertiges et une sensation de malaise (Topalgic), avec une intensité variable.
Si cela persiste, mieux vaut arrêter le traitement en cause.

Il faut faire réaliser les injections d’anticoagulants par une infirmière, de préférence à la même heure, pour la durée prescrite.

Le pansement sera refait avec moi, soit au bloc lors de l’opération du deuxième pied, soit en consultation vers le 15ème jour. Ce sera l’occasion de la première séance de rééducation, qui sera poursuivie au cabinet (à intervalles de 8-10 j si possible).
Il n’y a pas de séances de rééducation chez votre kiné à prévoir à ce stade.

Il y a en principe 3 consultations post opératoires : à 15 jours (sans radio), à 5 semaines (avec radio), à 4 mois (avec radio).

Si les deux pieds sont opérés, les consultations seront bien entendu communes aux deux pieds.
Les consultations ont toujours lieu au même endroit, là où vous avez consulté la première fois.

 

DANS LES SEMAINES ET LES MOIS QUI SUIVENT…

Vous pouvez éprouver certaines sensations qui ne doivent pas vous inquiéter, car elles sont habituelles et disparaissent avec le temps.
Les douleurs « flash » surviennent les premières semaines, volontiers la nuit. Elles correspondent souvent à des contractions musculaires involontaires. Elles peuvent être assez intenses, mais elles sont très brèves, et habituellement bien tolérées. Elles concernent surtout le gros orteil.

De façon réflexe, on marche souvent sur le bord latéral du pied, en évitant l’appui sur le gros orteil. Cela peut entrainer quelques douleurs sur le 5ème orteil, le bord du pied, voire même la cheville et la jambe. Ces douleurs disparaitront dès que vous poserez le pied à plat.

S’il y a eu des ostéotomies latérales (métatarsiens 234), le milieu de l’avant pied et donc l’appui se modifient progressivement. Il peut arriver, c’est inconstant, que vous perceviez des craquements. Dès que la consolidation aura commencé ils vont disparaître.
Le cal osseux en formation prend du volume et explique la sensation de bosse sur le dos du pied. C’est d’ailleurs ce qui gêne le chaussage au début.
Ce cal entraine des adhérences des tissus, notamment des tendons. Vous pouvez donc ressentir, c’est très fréquent, un enraidissement des petits orteils qui vous sembleront « comme morts » ou « insensibles ». En fait il n’y a pas de problème de sensibilité, mais plutôt une limitation temporaire de mobilité.
Le cal est un tissu vivant, il va donc évoluer, se remodeler et s’aplatir, entrainant la disparition de cet inconfort.

Vous devez vous investir personnellement dans la rééducation de votre pied par vous même.

Rien ne peut remplacer cet effort personnel. Des séances chez un kiné peuvent vous aider, mais non rééduquer à votre place. C’est vrai surtout si je dois sectionner les métatarsiens latéraux.
Vous devez à partir de la 5ème semaine, comme je vous le montrerai :

  1. faire rouler une balle de tennis sous l’avant de votre pied, en la plaçant derrière le « capiton ». Vous êtes debout, vous appuyez progressivement tout le poids du corps. 5 minutes 5 fois par jour.
  2. Manipuler manuellement vos orteils en poussant les premières phalanges vers le bas. Attention, il ne suffit pas de « pianoter » avec les orteils, il faut les forcer manuellement, en s’arrêtant juste avant la douleur. Vous maintenez la position 15 secondes, vous relâchez, vous reprenez. 10 minutes deux fois par jour. Vous pouvez vous faire aider.
  3. Vous exercer à dérouler le pas. Debout, sans avancer, vous commencez par vérifier la bonne position du pied. Vous soulevez le talon, en écrasant le gros orteil. Puis vous avancez l’autre pied, et vous déroulez le pied opéré. 10 pas, dix fois par jour.

 

La sagesse populaire dit « qu’il faut un an pour oublier son pied ». C’est très schématique, mais il y a un fond de vrai.

REPRISE DES ACTIVITÉS

L’arrêt de travail prévisible est de 4 à 10 semaines, deux mois en moyenne, selon votre activité, votre état physique, le port de chaussures de sécurité… J’établis un premier arrêt, et je le prolonge selon les besoins.

Les chaussures post-opératoires doivent être portées en principe 5 semaines.
Vous changerez alors pour une paire de baskets confortable, à semelle épaisse, bien amortie, et pas trop flexible. Si la météo le permet, des nus pieds ou des chaussures ouvertes sont aussi possibles, à condition que la semelle soit épaisse.
Dans l’immédiat, oubliez chaussures bateau, ballerines, etc..
Les chaussures de ville pourront être essayées au 4ème mois. C’est parfois encore trop tôt.
Rien ne sera interdit, en particulier pas les talons. Mais il faudra rester raisonnable : pas trop haut, et surtout pas tout le temps. Vous les garderez pour sortir le soir.
Le pied ne s’élargit pas, mais la bosse au dos du pied vous en donnera peut-être l’impression. La longueur du pied ne change pas.

Le sport sera repris très progressivement : vélo et piscine au 2ème mois, course à pied, randonnée ou danse vers le 4ème ou 5ème mois.

RISQUES, EFFETS SECONDAIRES

L’arthrose est soulagée par cette opération, mais elle n’est pas supprimée. Elle continue à évoluer. L’expérience montre que l’amélioration peut durer plus de 10 ans. Si nécessaire, une nouvelle opération sera alors possible.
Le résultat est meilleur sur la douleur que sur la mobilité, améliorée mais sans retour à la normale.
Les douleurs préopératoires (nocturnes notamment) sont habituellement rapidement soulagées.
On retrouve généralement une flexion dorsale suffisante pour dérouler le pas et marcher correctement.

Vous risquez d’être insatisfait(e) du résultat si vous demandez à cette opération ce qu’elle ne peut pas toujours vous donner : porter des chaussures fines en permanence, faire de l’athlétisme en compétition, faire des pointes…

Les suites peuvent être plus longues que prévu, l’arrêt de travail peut devoir être prolongé, votre poste de travail être modifié, vos habitudes sportives être adaptées ou même limitées.
L’opération amène toujours une petite perte de mobilité, de l’ordre de 10°. Cela peut vous gêner pour certains sports, certaines activités (escalade, gymnastique..)

Les cicatrices sont sensibles au soleil la première année, il faut donc les protéger (écran total ou pansement) sinon elles seront visibles. L’aspect final des cicatrices dépend aussi beaucoup de votre type de peau. Elles seront plus facilement blanches et atrophiques chez une rousse ou une blonde, volumineuses et en bourrelet sur une peau noire.

COMPLICATIONS

Les plus fréquentes sont : l’hématome, qui peut nécessiter une reprise chirurgicale pour évacuation, et les difficultés de cicatrisation, surtout si votre peau est fragile, si vous êtes fumeur ou si votre état vasculaire est moyen.
La phlébite peut survenir malgré les anticoagulants. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines, qui peut bouger et entrainer une embolie pulmonaire qui peut être mortelle.
La consolidation est obtenue habituellement en 6 semaines, mais elle peut être plus lente, ou même ne pas se faire du tout : c’est la pseudarthrose, favorisée par certains facteurs (tabac, artérite, pied multi opéré, ostéoporose).  Il peut être nécessaire de réopérer si vous avez mal.

Les raideurs sont fréquentes surtout en cas de section des métatarsiens latéraux. Elles s’améliorent avec le temps et la rééducation. Elles peuvent persister, si vous avez du mal à vous impliquer dans la rééducation personnelle de votre pied

Plus rarement :
L’algodystrophie («syndrome douloureux régional complexe» est le terme officiel) est un phénomène encore mal compris. Pour simplifier, c’est une panne de la régulation des petits vaisseaux, entrainant douleur, rougeur locale (pied violacé le soir), déminéralisation à la radio. Elle guérit toujours, mais dans un délai imprévisible (en moyenne 6 mois). Dans les formes sévères, un traitement spécifique en milieu spécialisé peut être indiqué.
L’infection est rare, mais grave. Elle ne doit surtout pas conduire à la prise d’antibiotiques avant que le germe ait été identifié. Un nettoyage chirurgical avec prélèvements peut être nécessaire, suivi d’un traitement antibiotique adapté. Bien et vite traitée, elle peut guérir sans séquelle. Le tabac triple le risque de problème de cicatrisation et d’infection.
Une irritation, voire une section de petits nerfs sensitifs peut être observée, malgré toutes les précautions. La récupération peut en être lente et incomplète.
Cette liste n’est pas exhaustive. Une complication exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

EN RÉSUMÉ

L’opération d’un hallux rigidus est très courante. J’en réalise environ 100 par an. Les résultats sont régulièrement bons sur les douleurs, le confort et les possibilités de marche et de sports de loisir. On peut cependant observer une limitation modérée de certaines activités exigeantes. Ces bons résultats demandent du temps pour être obtenus.

INFORMATION PRÉOPÉRATOIRE :  ARTHRODESE DU GROS ORTEIL

DE QUOI S’AGIT-IL ?


C’est le blocage définitif de l’articulation du gros orteil pour traiter, soit une déformation importante du gros orteil (hallux valgus, hallux varus), soit une atteinte articulaire (arthrose ou rhumatisme). Le plus souvent, c’est l’articulation métatarso phalangienne qui est traitée, mais ce peut être aussi l’interphalangienne.
L’évolution en l’absence de traitement est l’augmentation de la déformation, de la raideur et des douleurs en cas d’arthrose, avec un retentissement éventuel sur genou, hanche et dos.
Les autres traitements possibles sont les anti inflammatoires, qui calment les douleurs temporairement, et les semelles qui peuvent soulager l’appui sous l’avant pied, mais n’ont aucune efficacité sur le gros orteil.
Nous avons mis ensemble en balance les bénéfices et les risques de cette opération, après avoir envisagé les autres traitements possibles. Malgré cela, il peut arriver qu’en cours d’intervention, une autre solution chirurgicale m’apparaisse meilleure pour vous.

DÉROULEMENT DE L’OPÉRATION


Avant l’intervention, vous aurez fait un bilan radiographique complet, quelquefois avec un scanner. Pensez à apporter ces examens !

L’anesthésie est le plus souvent locorégionale (jambe et pied), parfois générale. Si vous ne voulez « rien voir, rien entendre », l’anesthésiste peut vous faire somnoler. Vous devez avoir vu le médecin anesthésiste au plus tard 10 jours avant l’intervention.
L’incision à la face médiale du pied est adaptée à votre cas. Les surfaces articulaires abîmées sont enlevées pour corriger les déformations et obtenir une fusion définitive de l’articulation. La fixation est faite par des agrafes, ou encore des vis ou une plaque vissée.

Des gestes complémentaires peuvent être nécessaires en fonction des déformations associées (ostéotomie des métatarsiens latéraux, adaptation de longueurs des tendons, blocage des autres orteils...).
L’opération dure 30 à 60 minutes. Vous sortez de la clinique le soir même ou le lendemain de l’opération.
Le lever est possible après avoir vu le kiné, et l’appui sur le membre est autorisé dès que l’anesthésie s’est levée (24 h en général).
 Il faut faire très attention à ne pas poser le pied tant qu’il n’est pas réveillé, car  vous ne le contrôlez pas et vous risquez une entorse de cheville. Il vous faut donc des cannes.

Pendant 5 semaines, vous marcherez avec une chaussure post opératoire prescrite en consultation, et que vous devrez vous procurer. Pendant 14 jours, vous aurez des injections d’anticoagulants par une infirmière. Vous aurez un traitement contre la douleur, associant anti inflammatoires, et antalgiques de différents types. A la maison, vous pourrez marcher un peu, préparer un repas, mais vous ne pourrez pas faire les courses par exemple, et vous devrez vous reposer.

Je vous revois au 15ème jour pour refaire le pansement, que vous ne ferez donc pas refaire avant. Vous verrez le kiné de l’Institut à cette occasion, qui pourra faire une autre séance 10 jours après.

Je vous revois encore à la 5ème semaine, avec une radio. Nouvelle séance de kiné. Vous pourrez changer de chaussures et reprendre la voiture.
Enfin, dernière consultation 3 mois après avec nouvelle radio. Parfois, il est nécessaire de poursuivre la surveillance plus longtemps.
L’arrêt de travail est en moyenne de 2 à 3 mois.  La marche devient plus confortable après 6 semaines, délai auquel on peut faire du vélo d’appartement. Pour les sports exigeants (course..) et pour les chaussures de ville il faut attendre 6 mois en moyenne.


COMPLICATIONS


Les plus fréquentes sont : l’hématome , qui peut nécessiter une reprise chirurgicale pour évacuation, et les difficultés de cicatrisation, surtout si votre peau est fragile, si vous êtes fumeur ou si votre état vasculaire est moyen. La phlébite peut survenir malgré les anticoagulants. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines, qui peut bouger et entrainer une embolie pulmonaire qui peut être mortelle.
La consolidation est obtenue habituellement en 6 semaines, mais elle peut être plus lente, ou même ne pas se faire du tout : c’est la pseudarthrose, favorisée par certains facteurs (tabac, mauvaise circulation, opérations multiples sur le pied).  Il peut être nécessaire de réopérer si vous avez mal.
Plus rarement : l’algodystrophie («syndrome douloureux régional complexe» est le terme officiel) est un phénomène encore mal compris. Pour simplifier, c’est une panne de la régulation des petits vaisseaux, entrainant douleur, rougeur locale (pied violacé le soir), déminéralisation à la radio. Elle guérit toujours, mais dans un délai imprévisible (en moyenne 6 mois). Dans les formes sévères, un traitement spécifique en milieu spécialisé peut être indiqué.
L’infection est rare, mais grave. Elle ne doit surtout pas conduire à la prise d’antibiotiques avant que le germe ait été identifié. Un nettoyage chirurgical avec prélèvements peut être nécessaire, suivi d’un traitement antibiotique adapté. Bien et vite traitée, elle peut guérir sans séquelle. Le tabac triple le risque de problème de cicatrisation et d’infection.
Une irritation, voire une section de petits nerfs sensitifs peut être observée, malgré toutes les précautions. La récupération peut en être lente et incomplète.
Cette liste n’est pas exhaustive. Une complication exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

EFFETS SECONDAIRES


Le confort de marche est obtenu progressivement. Cela peut nécessiter une semelle orthopédique, un chaussage adapté. L’arthrodèse du gros orteil modifie votre schéma de marche, il faut du temps pour s’y adapter. Parfois la plaque ou les vis gênent, il faut les enlever.

RÉSULTATS ATTENDUS


Le résultat est obtenu en trois mois, et peut mettre jusqu’à 12 mois pour se stabiliser. Le bénéfice attendu est un chaussage confortable et indolore. Le blocage articulaire limite la hauteur de talons à environ 3 centimètres selon la conception de la chaussure. La montée sur demi-pointes sera impossible, par contre la pratique sportive n’est pas limitée.

EN RÉSUMÉ,  L’arthrodèse du premier métatarsien du gros orteil est une intervention fréquente, corrigeant soit des déformations, soit des destructions articulaires permettant de redonner une fonction quasi- normale du pied après quelques mois.

 

QUELQUES QUESTIONS à vous poser ou à me poser avant de vous décider.


Pourquoi me conseillez-vous cette opération ?
Existe-t-il d’autres solutions chirurgicales dans mon cas, et pourquoi ne les conseillez-vous pas ?
Si je ne me fais pas opérer, mon état va-t-il s’aggraver ?
Comment se passe l’opération ? En faites-vous souvent ? Aurai-je mal ? Combien de temps dure l’opération ? et l’hospitalisation ?
Quels sont les risques et les complications liés à cette chirurgie ?
Quels sont les bénéfices pour moi à être opéré, et quel résultat final puis-je espérer ?
Après combien de temps pourrai-je reprendre mon travail ? le sport ?
Me recommandez-vous un deuxième avis ?

Mise à jour 2 04 2020

56 allée des tulipes 33600 PESSAC © Dr GANDON 2009