Hallux valgus...

... à propos d'une histoire typique chez une femme de 61 ans

... d'une forme évoluée chez une jeune femme

... d'une forme compliquée de griffe d'orteil et d'arthrose

... d'une forme "historique"

... eh oui, chez l'homme aussi !

Cette patiente de 61 ans,hallux valgus avant chirurgie retraitée depuis peu, présente un hallux valgus modéré, qui la gêne pour se chausser.

Elle a mal tout le temps, même si ce n'est pas intolérable. En dehors de ce problème, elle est en forme et voudrait bien profiter de sa retraite.

Sa mère et sa tante ont eu la même déformation, très évoluée maintenant . Elle-même a porté des talons hauts quand elle était plus jeune.radio pré-opératoire

Le hallux valgus ("oignon") n'est pas seulement une bosse. C'est une déviation des os du gros orteil, comme le montre la radio. Ici, il n'y a pas encore de complication grave au niveau de l'avant-pied ou des orteils.

La "bosse" est là depuis longtemps, mais ne la gênait pas trop. Depuis 3 mois, elle commence à avoir mal sous la base du 2ème orteil, à la jointure. C'est un signe d'alerte. radio opératoireElle s'inquiète, à juste titre, et vient se renseigner sur une opération.

La chirurgie devient justifiée à ce stade.

Il s'agit de redresser ces os déviés, par des ostéotomies (on coupe l'os, puis on le décale et enfin on le fixe). broche résorbableQuand le contrôle radio est correct, on remplace les broches métalliques par des broches résorbables ou des vis. L'ostéotomie actuelle est dite "en chevron".

Ces broches vont disparaitre en 18 mois, il n'y a pas besoin de les retirer. Elles sont constituées du même matériau que les fils de suture utilisés depuis 30 ans.radio fin d'opération

Voici la radio en fin d'intervention. Les broches sont transparentes aux rayons, on ne les voit pas. On peut aussi utiliser des vis qui ne devront être enlevées que dans de rares cas.

Le métatarsien (en haut) et la phalange (en bas) ont été redressés. cicatrice

La cicatrice principale fait 3 à 4 cm. C'est beaucoup plus petit que la chirurgie "classique". On parle de chirurgie "mini-invasive". cicatrice à 4 mois

Cette cicatrice s'estompe beaucoup avec le temps.

Voici son aspect à 4 mois. Cela dépend un peu du type de peau.

L'opération a été réalisée sous anesthésie de la jambe, qui a été prolongée 2 jours. Le 3ème jour, elle est sortie en marchant, sans cannes mais avec une chaussure spéciale. L'autre pied a été opéré une semaine plus tard. Actuellement, le séjour est plus court, souvent même ambulatoire.

Pendant 5 semaines, elle n'a pas été autorisée à conduire, résultat à 1 anmais elle a pu tenir sa maison. Les douleurs sont restées, dit-elle, "très tolérables".

Progressivement, elle a repris ses activités. Pour la randonnée longue (15 km et plus), elle a dû attendre 6 mois.

A 1 an, elle est contente du résultat. Elle a repris une vie normale, elle ne souffre plus. Elle se chausse raisonnablement dans la journée, mais se permet des fantaisies pour sortir...

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------------------------------------Cette jeune femme de 22 ans,

serveuse hallux valgus femme jeunedans un restaurant, a vu cette déformation du pied apparaitre à l'adolescence. Elle s'est aggravée progressivement.

Il y a eu une poussée évolutive et la dernière saison touristique a été très difficile : elle ne peut rester debout plus de 2 heures.le 2ème orteil n'a plus sa place

C'est un hallux valgus de type congénital, avec un défaut d'orientation de la surface articulaire qui est "de biais". On peut l'observer chez de très jeunes filles (12 ans).

Faute de traitement, l'aggravation est rapide avec des complications. Ici, le deuxième orteil n'a déjà plus sa place.hallux valgus jeune opéré

L'intervention suit les même principes. Il faut en outre allonger les tendons extenseurs obliques (pédieux), par des mini-incisions, pour permettre aux petits orteils de reprendre leur place.

Cette patiente a repris son travail 2 mois et demi après l'opération.

Ici, la cicatrice est encore un peu rouge à ce stade. Il faudra la protéger du soleil l'été prochain.

 

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--------------------------------Chez cette autre patiente de 65 ans,

hallux valgus compliquéla déformation s'est compliquée d'arthrose. Les sésamoïdes, petits os ronds placés sous le gros orteil, ont perdu leur cartilage.

sésamoïdesLes douleurs à ce niveau sont très vives, surtout vers l'intérieur du pied.

Au traitement classique, il a fallu ajouter l'ablation du sésamoïde interne. Les suites opératoires n'ont pas été différentes.

Cependant, la perte de cette petite cale que représente le sésamoïde radiopost op sésamoÏderisque de déstabiliser le pied, et il vaut mieux prévoir une semelle orthopédique, au moins dans la journée.hallux valgus compliqué opéré

La radio post-opératoire ne montre plus qu'un seul sésamoïde (la petite tache ronde sous le gros orteil).

Le résultat clinique est bon. Les douleurs ont presque complètement disparu.

 

 

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-------------------------------On voit encore parfois des formes "historiques",

hallux valgus historique chez des personnes qui n'ont pas eu le temps de se soigner, ou que la peur d'avoir mal a poussées à attendre la dernière extrémité.hallux valgus historique opéré

Cette patiente de 72 ans a bien sûr un peu de difficultés à se chausser...

La gêne est considérable. Ici, l'opération nécessite plusieurs allongements tendineux, et un petit raccourcissement du métatarsien.

Les parties "molles" sont tellement rétractées qu'on est obligé de tricher un peu sur la longueur osseuse, pour éviter des problèmes de cicatrisation.

Le résultat n'est pas parfait, la phalange tourne encore un peu, mais c'est mieux...

Dans ces formes très évoluées, on note souvent des anomalies de l'arrière ou du milieu du pied, qui peuvent demander un traitement spécifique (arthrodèse, ostéotomies...)

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-------------------------------Chez l'homme,

Le hallux valgus est plus rare (10% des cas) hallux valgus chez l'homme et presque toujours congénital.radio avant opération La gêne apparait moins vite, du fait du chaussage moins contraignant.

Ce patient de 40 ans est ébéniste. Les douleurs deviennent incompatibles avec son métier.

Sur la radio, on voit une fracture de fatigue de la base du 5ème métatarsien, probablement parcequ'il se tient sur le bord externe du pied pour soulager le gros orteil.radio après

L'opération a visé à corriger l'orientation de la surface articulaire. La radio montre une consolidation en cours.hallux valgus après opération

Il ne faut pas être surpris par l'aspect irrégulier, ni par le décalage osseux qui peut être encore plus important.

Cette photo est prise 2 mois après l'opération.

Le pied est encore un peu enflé. Ce patient est artisan à son compte, il a repris le travail progressivement mais un peu tôt (6 semaines).

 

Des renseignements techniques complémentaires pourront être trouvés dans le livre suivant: "Pathologie du pied et de la cheville", dirigé par Th. Leemrijse et B. Valtin, Elsevier Masson, Paris 2009. Voir la section 2.1, "hallux valgus".

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INFORMATION PRÉOPÉRATOIRE : HALLUX VALGUS

PRINCIPES DE L’OPÉRATION

Le hallux valgus, ou « oignon » du langage courant, est une déformation du gros orteil d’origine congénitale (et observée alors dès l’adolescence), ou acquise à l’âge adulte, mais souvent avec un facteur familial. Les femmes sont concernées dans 90% des cas.
La déformation associe une bosse osseuse (« bunion » ou « exostose ») et la déviation des os, premier métatarsien et phalange, qui peuvent aussi se tordre sur eux même.
Le retentissement sur le reste du pied est fréquent. Le deuxième orteil, surtout s’il est long, se met en griffe d’abord souple puis rigide, et l’articulation à la base de l’orteil devient douloureuse et peut même se déboiter. C’est souvent ce qui amène à consulter.

Progressivement, tout l’avant pied est touché par la déformation et les douleurs. On ressent alors une gêne douloureuse sous l’avant pied (zone du « capiton ») , on a du mal à se chausser avec des semelles minces et/ou des talons.

L’évolution se fait souvent par palier et par crises, à une vitesse imprévisible. Un seul pied peut être atteint, ou les deux. Une déformation importante chez une personne de la famille  ne signifie pas que vous aurez le même problème, de la même manière.
Sans traitement, il n’y a jamais d’amélioration spontanée des déformations, mais les douleurs peuvent parfois diminuer par périodes.

Les traitements non chirurgicaux sont limités.
La pédicurie, en amincissant les cors, soulage temporairement.
Les orthèses sont peu efficaces. Si vous décidez malgré tout d’en porter une, il vaut mieux choisir une attelle qui prend appui sur l’avant du pied et redresse le gros orteil (Hallufix®) qu’une cale entre gros orteil et petits orteils, qui va déformer ceux ci sans redresser le premier.
Les semelles orthopédiques peuvent soulager en partie les douleurs sous l’avant pied, mais n’agissent pas sur le gros orteil.

Le traitement chirurgical agit sur les différents éléments de la déformation.
La bosse est enlevée, mais cela ne suffit pas.
Il faut surtout redresser les os, en les sectionnant (ostéotomies). Sur le premier métatarsien, la coupe est en chevron, qui donne une excellente stabilité.
Sur la phalange, on enlève un petit coin d’os pour la redresser. La fixation de ces deux os se fait par vis, qu’il n’y a pas besoin d’enlever habituellement.
L’incision sur l’intérieur du gros orteil fait 3 à 4 cm de long (chirurgie mini invasive). La cicatrice est habituellement très discrète, souvent invisible après un an.

Si l’avant pied est touché, il faut le rééquilibrer par des ostéotomies des métatarsiens 2,3,4 car ils fonctionnent ensemble. Par des petites incisions (chirurgie percutanée), l’os est coupé obliquement pour que la tête de l’os puisse reculer et ainsi détendre l’articulation douloureuse. Il n’y a pas de fixation.
Il est souvent nécessaire de libérer l’articulation rétractée à la base du 2ème orteil.
Nous avons mis ensemble en balance les bénéfices et les risques de cette opération, après avoir envisagé les autres traitements possibles. Malgré cela, il peut arriver qu’en cours d’intervention, une autre solution chirurgicale m’apparaisse mieux adaptée à votre cas particulier.

 

PRÉPARATION À L’INTERVENTION.

S’il s‘est écoulé moins de 6 mois entre la dernière consultation et l’opération, il n’est pas indispensable de se revoir avant l’opération, sauf si certains points ne vous paraissent pas clairs.
Si le délai dépasse 6 mois, il vaut mieux se revoir. Votre pied peut avoir évolué, il ne faut pas le découvrir sur la table d’opération.
Vous prendrez rendez vous avec l’anesthésiste, au moins 10 jours avant l’opération, et même plus tôt si vous avez des problèmes de santé ou certains traitements (anticoagulant, Plavix, Kardegic…)

Le médecin anesthésiste vous expliquera les techniques possibles pour endormir votre pied. Le plus souvent, il s’agira d’un bloc sciatique. Par une injection derrière le genou, il entourera le nerf de produit anesthésique. L’effet durera 24 h, au moins.
Si vous vous sentez anxieux(se), il fera le nécessaire pour vous décontracter et vous « déconnecter ».

Il faut vous organiser avant l’opération.
Si elle se fait en ambulatoire, vous recevrez auparavant par mail (sinon par courrier) les ordonnances de sortie, de façon à disposer du traitement dès votre retour.

La marche avec des cannes anglaises ne s’improvise pas. Tant que le pied sera endormi, vous ne devrez pas appuyer dessus. Vous ne pouvez pas découvrir le béquillage le soir de l’opération, il faut absolument s’entrainer les jours précédents.
Si vous n’y arrivez pas bien, ou si vous avez mal aux poignets, ou si vous perdez l’équilibre, il vaut mieux prévoir pour 48h un déambulateur.
Vous devrez porter à votre sortie une chaussure post opératoire, à vous procurer auparavant en pharmacie.

La veille de l’opération, vous prendrez votre douche avec le produit antiseptique prescrit.

Des radios sont nécessaires pour vous opérer. S’il y a eu un oubli, demandez au secrétariat (mail ou téléphone) l’ordonnance pour les faire près de chez vous.
Et pensez à les amener !

 

LE JOUR DE L’OPÉRATION

L’horaire d’entrée vous sera communiqué par téléphone par le service des admissions. Il varie en fonction du programme opératoire. Il tient compte d’un délai de sécurité.
Il faut en effet faire votre admission, votre entrée dans le service, être préparée, amenée au bloc, anesthésiée, avant que l’opération puisse se faire.
L’horaire d’entrée au bloc est indicatif, il ne correspond pas à l’horaire de l’opération elle-même.

L’opération dure 20 à 40 minutes.
La peau est suturée avec des fils résorbables en 6 semaines (pas besoin de les faire enlever).
Elle se termine par un pansement spécial, que je fais moi-même, enveloppant les orteils en les maintenant.
Il faut éviter de toucher à ce pansement. Nous le referons ensemble soit à la première visite 15 jours après, soit après l’opération du deuxième pied.

Votre sortie se fera le soir même ou lendemain, selon ce que nous avons convenu en consultation. Si votre sortie le soir pose un problème quelconque, nous vous garderons à la clinique pour la nuit.
La chirurgie ambulatoire impose que vous ne soyez pas seule à votre domicile lors de la sortie, et que vous habitiez à moins de 50 km d’une structure hospitalière.

Avant la sortie, vous verrez le kiné qui vous expliquera les suites.
Je passerai également vous voir pour autoriser votre sortie et vous rappeler les consignes d’appui et de traitement.

Un fauteuil roulant pourra être mis à votre disposition pour que la personne qui vous accompagne puisse vous amener à la voiture.

L’autre pied pourra être opéré 8 ou 15 jours après. Je déconseille l’opération des deux pieds le même jour, car la gestion de la douleur et de l’appui est beaucoup plus compliquée.

 

CONSIGNES ET SUITES POST OPÉRATOIRES PRÉCOCES

L’appui sur le pied opéré n’est autorisé qu’après que l’anesthésie soit levée. En effet, vous ne contrôlez pas le pied endormi. En le posant au sol, vous risquez de vous faire une entorse ou même une fracture.
Quand le pied est réveillé (24 h en moyenne), vous pouvez appuyer normalement le pied, bien à plat, dans la chaussure post opératoire. Les cannes ne sont alors plus nécessaires.
Au début, vous ferez de courtes périodes de marche, tranquillement. Dès que vous vous sentirez fatiguée, reposez vous en surélevant vos pieds.
Il est utile d’appliquer de la glace, qui a un effet anti inflammatoire et diminue la douleur (ralentissement de la conduction nerveuse). Evitez les glaçons, ils risquent de mouiller le pansement.

Le traitement antalgique doit être pris à heures régulières en précédant la douleur.
Commencez dès votre retour à domicile.
Associez un des antalgiques (Lamaline® ou Topalgic® ou leurs génériques) et l’anti inflammatoire (Profenid®) avec sa protection gastrique.
Ces deux types de médicaments sont synergiques et se renforcent mutuellement.
Il peut arriver, et on ne peut pas toujours le prévoir, que vous supportiez mal tel ou tel traitement. Vous pouvez avoir des douleurs gastriques ou une diarrhée (Profenid), ou des vertiges et une sensation de malaise (Topalgic), avec une intensité variable.
Si cela persiste, mieux vaut arrêter le traitement en cause.

Il faut dans certains cas faire réaliser les injections d’anticoagulants par une infirmière, de préférence à la même heure, pour la durée prescrite. Le traitement anticoagulant n’est pas systématique, il est prescrit en cas de risque de phlébite, évalué avec le médecin anesthésiste.

Le pansement sera refait avec moi, soit au bloc lors de l’opération du deuxième pied, soit en consultation vers le 15ème jour. Ce sera l’occasion de la première séance de rééducation, qui sera poursuivie au cabinet (à intervalles de 8-10 j si possible).
Il n’y a pas de séances de rééducation chez votre kiné à prévoir à ce stade.

Il y a en principe 3 consultations post opératoires : à 15 jours (sans radio), à 5 semaines (avec radio), à 4 mois (avec radio).

Si les deux pieds sont opérés, les consultations seront bien entendu communes aux deux pieds.
Les consultations ont toujours lieu au même endroit, là où vous avez consulté la première fois.

DANS LES SEMAINES ET LES MOIS QUI SUIVENT…

Vous pouvez éprouver certaines sensations qui ne doivent pas vous inquiéter, car elles sont habituelles et disparaissent avec le temps.
Les douleurs « flash » surviennent les premières semaines, volontiers la nuit. Elles correspondent souvent à des contractions musculaires involontaires. Elles peuvent être assez intenses, mais elles sont très brèves, et habituellement bien tolérées. Elles concernent surtout le gros orteil.

De façon réflexe, on marche souvent sur le bord latéral du pied, en évitant l’appui sur le gros orteil. Cela peut entrainer quelques douleurs sur le 5ème orteil, le bord du pied, voire même la cheville et la jambe. Ces douleurs disparaitront dès que vous poserez le pied à plat.

S’il y a eu des ostéotomies latérales (métatarsiens 234), le milieu de l’avant pied et donc l’appui se modifient progressivement. Il peut arriver, c’est inconstant, que vous perceviez des craquements. Dès que la consolidation aura commencé ils vont disparaître.
Le cal osseux en formation prend du volume et explique la sensation de bosse sur le dos du pied. C’est d’ailleurs ce qui gêne le chaussage au début.
Ce cal entraine des adhérences des tissus, notamment des tendons. Vous pouvez donc ressentir, c’est très fréquent, un enraidissement des petits orteils qui vous sembleront « comme morts » ou « insensibles ». En fait il n’y a pas de problème de sensibilité, mais plutôt une limitation temporaire de mobilité. Le cal est un tissu vivant, il va donc évoluer, se remodeler et s’aplatir, entrainant la disparition de cet inconfort.

Vous devez vous investir personnellement dans la rééducation de votre pied par vous même.

Rien ne peut remplacer cet effort personnel. Des séances chez un kiné peuvent vous aider, mais non rééduquer à votre place. C’est vrai surtout si je dois sectionner les métatarsiens latéraux.
Vous devez à partir de la 5ème semaine, comme je vous le montrerai :

  1. faire rouler une balle de tennis sous l’avant de votre pied, en la plaçant derrière le « capiton ». Vous êtes debout, vous appuyez progressivement tout le poids du corps. 5 minutes 5 fois par jour.
  2. Manipuler manuellement vos orteils en poussant les premières phalanges vers le bas. Attention, il ne suffit pas de « pianoter » avec les orteils, il faut les forcer manuellement, en s’arrêtant juste avant la douleur. Vous maintenez la position 15 secondes, vous relâchez, vous reprenez. 10 minutes deux fois par jour. Vous pouvez vous faire aider.
  3. Vous exercer à dérouler le pas. Debout, sans avancer, vous commencez par vérifier la bonne position du pied. Vous soulevez le talon, en écrasant le gros orteil. Puis vous avancez l’autre pied, et vous déroulez le pied opéré. 10 pas, dix fois par jour.

La sagesse populaire dit « qu’il faut un an pour oublier son pied ». C’est très schématique, mais il y a un fond de vrai.

REPRISE DES ACTIVITÉS

L’arrêt de travail prévisible est de 4 à 10 semaines, deux mois en moyenne, selon votre activité, votre état physique, le port de chaussures de sécurité… J’établis un premier arrêt, et je le prolonge selon les besoins.

Les chaussures post-opératoires doivent être portées en principe 5 semaines.
Vous changerez alors pour une paire de baskets confortable, à semelle épaisse, bien amortie, et pas trop flexible. Si la météo le permet, des nus pieds ou des chaussures ouvertes sont aussi possibles, à condition que la semelle soit épaisse.
Dans l’immédiat, oubliez ballerines, tropéziennes, etc..
Les chaussures de ville pourront être essayées au 4ème mois. C’est parfois encore trop tôt.
Rien ne sera interdit, en particulier pas les talons. Mais il faudra rester raisonnable : pas trop haut, et surtout pas tout le temps. Vous les garderez pour sortir le soir.
Le pied ne s’élargit pas, mais la bosse au dos du pied vous en donnera peut-être l’impression. La longueur du pied ne change pas.
La conduite d’une voiture sera possible après 5 semaines en général.
Le sport sera repris très progressivement : vélo et piscine au 2ème mois, course à pied, randonnée ou danse vers le 4ème ou 5ème mois.

RISQUES, EFFETS SECONDAIRES

La récidive est un risque toujours présent, même après une correction initiale parfaite. En effet, le pied est un organe vivant, qui évolue tout comme votre visage. On ne peut donc garantir l’absence de récidive.
On sait seulement que le risque est plus élevé en cas de surpoids, d’ « hyperlaxité » (trop grande souplesse), de genu valgum (jambes en X) ou de pied plat valgus. Le taux de récidive peut alors atteindre 10%.
Quand la déformation de départ est importante (angulation de plus de 40°), la correction peut ne pas être parfaite. Pour garantir une correction parfaite et stable dans le temps, il faudrait bloquer l’articulation, ce qui a d’autres inconvénients.
Vous risquez d’être insatisfait(e) du résultat si vous demandez à cette opération ce qu’elle ne peut pas toujours vous donner : porter des talons hauts ou des chaussures très fines en permanence, danser le flamenco sans douleur, faire des pointes… Ou encore si votre demande était finalement surtout esthétique et que la correction, quoique bonne, n’est pas « parfaite ».

Les suites peuvent être plus longues que prévu, l’arrêt de travail peut devoir être prolongé, votre poste de travail être modifié, vos habitudes sportives être adaptées ou même limitées.
L’opération amène toujours une petite perte de mobilité, de l’ordre de 10°. Cela peut vous gêner pour certains sports, certaines activités (escalade, gymnastique..)

Les cicatrices sont sensibles au soleil la première année, il faut donc les protéger (écran total ou pansement) sinon elles seront visibles. L’aspect final des cicatrices dépend aussi beaucoup de votre type de peau. Elles seront plus facilement blanches et atrophiques chez une rousse ou une blonde, volumineuses et en bourrelet sur une peau noire.

Rarement, une vis peut se mobiliser plus d’un an après l’opération, entrainant une gêne sur le dessus du pied. Cela survient chez les personnes qui courent de façon intensive (plus de 30 km par semaine). Il est assez simple d’enlever la vis.


COMPLICATIONS

Les plus fréquentes sont : l’hématome, qui peut nécessiter une reprise chirurgicale pour évacuation, et les difficultés de cicatrisation, surtout si votre peau est fragile, si vous êtes fumeur ou si votre état vasculaire est moyen.
La phlébite peut survenir malgré les anticoagulants. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines, qui peut bouger et entrainer une embolie pulmonaire qui peut être mortelle
La consolidation est obtenue habituellement en 6 semaines, mais elle peut être plus lente, ou même ne pas se faire du tout : c’est la pseudarthrose, favorisée par certains facteurs (tabac, artérite, pied multi opéré, ostéoporose).  Il peut être nécessaire de réopérer si vous avez mal.

Les raideurs sont fréquentes surtout en cas de section des métatarsiens latéraux. Elles s’améliorent avec le temps et la rééducation. Elles peuvent persister, si vous avez du mal à vous impliquer dans la rééducation personnelle de votre pied.

Plus rarement :
L’algodystrophie («syndrome douloureux régional complexe» est le terme officiel) est un phénomène encore mal compris. Pour simplifier, c’est une panne de la régulation des petits vaisseaux, entrainant douleur, rougeur locale (pied violacé le soir), déminéralisation à la radio. Elle guérit toujours, mais dans un délai imprévisible (en moyenne 6 mois). Dans les formes sévères, un traitement spécifique en milieu spécialisé peut être indiqué.
L’infection est rare, mais grave. Elle ne doit surtout pas conduire à la prise d’antibiotiques avant que le germe ait été identifié. Un nettoyage chirurgical avec prélèvements peut être nécessaire, suivi d’un traitement antibiotique adapté. Bien et vite traitée, elle peut guérir sans séquelle. Le tabac triple le risque de problème de cicatrisation et d’infection.
Une irritation, voire une section de petits nerfs sensitifs peut être observée, malgré toutes les précautions. La récupération peut en être lente et incomplète.
Cette liste n’est pas exhaustive. Une complication exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

EN RÉSUMÉ

L’opération d’un hallux valgus est très courante. J’en réalise environ 350 par an. Les résultats sont régulièrement bons sur le confort et les possibilités de marche et de sports de loisir. On peut cependant observer une correction incomplète dans les grandes déformations, et une limitation modérée de certaines activités exigeantes. Ces bons résultats demandent du temps pour être obtenus.
Vous trouverez des exemples, des photos, des explications complémentaires sur le site internet « Institut aquitain du pied »

QUELQUES QUESTIONS à vous poser ou à me poser avant de vous décider.


Pourquoi me conseillez-vous cette opération ?
Existe-t-il d’autres solutions chirurgicales dans mon cas, et pourquoi ne les conseillez-vous pas ?
Si je ne me fais pas opérer, mon état va-t-il s’aggraver ?
Comment se passe l’opération ? En faites-vous souvent ? Aurai-je mal ? Combien de temps dure l’opération ? et l’hospitalisation ?
Quels sont les risques et les complications liés à cette chirurgie ?
Quels sont les bénéfices pour moi à être opéré, et quel résultat final puis-je espérer ?
Après combien de temps pourrai-je reprendre mon travail ? le sport ?
Me recommandez-vous un deuxième avis ?

Mise à jour 30 03 2020

56 allée des tulipes 33600 PESSAC © Dr GANDON 2009